Imagine une personne qui vient de faire tomber quelque chose. Elle tempête : "merde ! Je suis vraiment trop con.ne !" Intérieurement, elle le pense d'autant plus : "c'est pas possible d'être maladroit.e comme ça ! Je dois passer pour un.e imbécile devant les autres..." Cela te rappelle peut-être quelque chose...
Maintenant imagine la même situation, sauf que ce n'est pas la personne qui parle, mais quelqu'un qui lui veut du bien. Est-ce que tu penses qu'il va lui dire qu'elle est conne et qu'elle passe pour une imbécile ? Est-ce que tu penses que ça correspond à "vouloir son bien" que de l'insulter et de la faire culpabiliser ?
Voilà le problème. Il est courant d'agir envers soi-même comme quelqu'un qui nous déteste, qui est notre ennemi. On se rajoute facilement de la pression, de la honte, on se compare aux autres... Ce n'est pas vraiment ce qu'il y a de plus épanouissant, tu ne penses pas ?
Que dirait un.e ami.e ?
Bon alors, comment on fait pour être son allié.e ? Une bonne base est de se demander ce que dirait une personne bienveillante à notre égard. Si on venait à commettre une erreur, elle nous rassurerait et nous encouragerait, elle ne nous enfoncerait pas et ne nous dévaloriserait pas.
Cela peut-être difficile parce que souvent, ce comportement se nourrit d'une estime personnelle affaiblie. On a le sentiment qu'on ne mérite pas d'être soutenu.e, qu'il y a un fond de vérité dans les paroles qu'on s'inflige. J'y reviendrai dans d'autres articles je pense, mais commençons par quelque chose de plus accessible. En quoi se dire qu'on est stupide et maladroit.e va nous aider à nous occuper de la situation ? L'objectif immédiat, c'est de compenser ou de corriger son erreur. Alors agissons dans ce but ! Ce sera plus facile si on se montre positif. La colère et la culpabilité pourraient nous amener à empirer notre erreur, à manquer de concentration et à nous maintenir dans un état négatif par la suite. Aller de l'avant, c'est bon pour nous et c'est bon tout court, donc on ne fait rien de mal à essayer !
Une habitude à prendre
Tu t'en doutes, ça prend un peu de temps d'acquérir le réflexe de remplacer un "je fais de la merde" par un "ça va aller, on va faire de son mieux et ce sera bien comme ça". Essaie d'y penser en premier dans les situations où tu te sermonnes sévèrement, ce sera plus facile à identifier. Brise le flux de tes pensées et recentre-toi : quelles paroles te seraient utiles ? Qu'est-ce que tu aimerais entendre pour aller mieux ? Petit à petit, ça viendra naturellement et ça deviendra habituel.
Si tu as du mal à choisir tes mots, je te conseille la construction suivante : d'abord dédramatiser l'erreur ("ce n'est pas grave", "ça va aller"), ensuite faire un point tranquillement sur la situation ("il faut juste aller chercher l'éponge", "je vais recommencer") et enfin t'encourager ("ça arrive t'inquiète pas", "tu n'as rien fait de mal").
Note que si une personne t'accable de reproches, ce n'est pas plus acceptable que si tu le faisais toi-même. On ne peut pas toujours se défendre contre ça, mais garde à l'esprit que peu importe ce que tu as fait, tu mérites d'être traité.e correctement.
N'est-ce pas un peu... lâche ?
Une erreur reste une erreur, c'est sûr. Si tu casses quelque chose qui appartient à quelqu'un par exemple, tu as automatiquement une responsabilité envers lui (ne serait-ce que de t'excuser). Le but n'est pas de balancer ses responsabilités à la poubelle. Mais il n'est pas plus objectif de penser qu'on est une affreuse personne parce qu'on a raté quelque chose que de penser qu'on ne doit rien à personne. Être son allié.e, ça sert à rééquilibrer la balance, à se montrer plus juste et lucide.
Et puis, entre nous, je pense que les personnes qui ne s'excusent pas et qui n'admettent jamais leurs torts, elles ne lisent pas les blogs de développement personnel. :)
Ce premier article touche à sa fin, j'espère qu'il pourra t'être utile et que tu te sentiras bien sur ce blog. N'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé dans les commentaires. Est-ce que tu te juges trop sévèrement au quotidien ? Est-ce que tu fais déjà ce travail de bienveillance ?


Très bel article, ça donne envie de lire ce qui suivra sur ton blog :)
RépondreSupprimerMerci beaucoup ! ❤
SupprimerHello!
RépondreSupprimerMerci pour cet article! Je vais essayer de mettre en pratique tes conseils.
Pour répondre à la question à la fin, je me juge sévèrement dans mon quotidien. Pourquoi? Sûrement parce que j'imite le modèle parental que j'ai toujours reçu, mais aussi pour me donner un coup de pied aux fesses. Par exemple, j'ai de très mauvaises habitudes qui impactent mon mode de vie et je sais que si je suis indulgente avec moi-même, je continue ces mauvaises habitudes. Aussi, parfois je me juge sévèrement à cause de la dépression. Le fameux "je suis nulle je n'arriverai jamais à rien, d'ailleurs la preuve etc.".
Les seules fois où je suis bienveillante envers moi-même c'est pendant les moments de gros gros stress ou de profonde tristesse. J'ai tellement peur de perdre les pédales que je me parle à moi-même de vive-voix. Je me réconforte en quelque sorte pour faire descendre la pression parce que je sais que je peux faire un malaise ou me sentir complètement déboussolée façon animal sauvage lâché dans la ville.
En tous ton article était cool :)
Bonne soirée!
(Pardon, je réponds avec beaucoup de retard.)
SupprimerMerci pour ton retour !
Je pense qu'on peut tout à fait être son allié.e tout en se bottant les fesses, ça dépend beaucoup à mon avis comment on présente les choses. Par exemple, si on a un travail à rendre, la bienveillance ne va pas consister à ne pas le faire et à se dire "ce n'est pas grave" mais à se stimuler tout en restant dans un état d'esprit soutenant (en s'encourageant, en se rassurant sur ses compétences, en se récompensant si on réussit, etc). Mais c'est sûr que c'est bien plus facile à dire qu'à faire, surtout quand on panique.
En tous cas merci pour ton commentaire. :)